La Coronelle lisse (Coronella austriaca austriaca)

La Coronelle lisse (Coronella austriaca austriaca) est une petite couleuvre mesurant jusqu'à 80cm. Elle est présente dans toute la France sauf au Nord et au sud ouest (où elle est remplacée par sa comparse la Coronelle girondine, avec qui elle partage le terrain dans le massif central).

 

Elle est non venimeuse et totalement inoffensive. Toutefois, si attrapée, elle peut mordre car elle est agressée, mais la morsure n'est pas douloureuse. Il est d'ailleurs interdit de manipuler les serpents sans autorisations préfectorales, cette pratique étant très néfaste pour un serpent sauvage.

 

Elle se nourrit surtout de lézards, qu'elle tue par constriction. Souvent elle met des heures pour avaler une proie, au vue de sa toute petite gueule (qui reste extensible du aux os non-soudés comme tous les serpents exceptées certaines familles primitives).

 

Elle est très rare et discrète : en effet elle est crépusculaire, on peut la voir à tout hasard le matin dans un mur écroulé, un tas de pierres, ou le soir l'été à la baisse de la chaleur. Dans la Vienne (86), au moment où j'écris ces lignes (2019), nous ne la connaissons que dans si zones de 10km², et elle est apparut sous une plaque de suivis au bout de 5 ans de protocoles.

 

C'est la seule couleuvre de France à être ovovivipare : c'est-à-dire qu'elle génère des oeufs, mais qui éclosent à l'intérieur d'elle, elle donne donc naissance à des nouveaux-nés bien formés, dans une sorte de poche transparente qu'ils perçent avec la "dent de l'oeuf", un pic minuscule qu'ont tous les serpents à la naissance sur le bout du museau, et qui disparaît avec la première mue.

 

C'est un serpent particulier pour moi, car ce fut le tout premier serpent sauvage que je découvris, à l'âge de 16 ans, en avril 2011, devant le garage de ma maman (la toute première photo de la galerie ci-dessous). Ce fut un tourant dans ma vie, car ce moment me mit devant une honte : n'étant pas sûr de l'identification, je me suis rendu compte en l'espace d'un instant que je connaissais mieux les serpents exotiques grâces aux livres que nos propres serpents, ce qui est un peu ironique. C'est en partie grâce à cette rencontre inopinée que je suis ce que je suis aujourd'hui, car elle provoqua par la suite mes premières sorties dans la nature tourangelle et la création de ce site quelques années plus tard. Je manipulai ce serpent pendant au moins une heure, incapable de la laisser partir, n'étant pas au fait de leur coeur fragile et du caractère extrêmement néfaste des manipulations longues. Heureusement, les chevronnés que je côtoyai par la suite m'enseignèrent vite que malgré l'envie inextinguible de toucher nos animaux préférés, il faut limiter cette pratique au maximum et si possible dans le cadre de sensibilisation d'un public ou de programmes scientifiques. Prions pour qu'elle ait survécu !

 

Quoiqu'il en soit, voici le peu de photographies que je peux partager avec vous de cette espèce si discrète. En presque 10 ans de prospections, je n'en vis que 4, dont une écrasée sur la route.


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